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5 June 2016
CANADA IS BACK…EN AFRIQUE, PAS ENCORE

CANADA IS BACK… EN AFRIQUE, PAS ENCORE ! 

Conduite par une bonne demi-douzaine de ministres, de la Coopération internationale au Patrimoine,  du Commerce international à l’Environnement, la révision de la politique extérieure du Canada est en chantier. Obscurcie cette dernière décennie par une conduite erratique, mesquine et opaque, cette politique a été sanctionnée par la communauté internationale qui a refusé au Canada un siège au Conseil de sécurité.

 « Canada is back », répète le premier ministre Trudeau sur toutes les tribunes internationales.

Pas encore, monsieur le premier ministre, pas encore… pour les Africains! La relation du Canada avec les 54 pays du continent est au plus bas depuis que le Canada s’est intéressé pour la première fois à l’Afrique dans les années 1960-1970. Il faudra des initiatives considérables pour restaurer cette relation qui a bien servi le Canada depuis un demi-siècle. On pense notamment aux initiatives suivantes :

1 – Affirmation solennelle de la priorité que le Canada accorde à sa relation au continent africain.

2 – Enrichissement du réseau de représentions diplomatiques du Canada sur le continent par l’ouverture d’ambassades assurant une couverture étendue, visible et  active  sur l’ensemble du continent.  

3 – Mise à niveau des conditions de circulation des citoyens de l’Afrique vers le Canada et, aussi, l’inverse, pour que les étudiants, les chercheurs, les artistes, les financiers et les commerçants bénéficient de systèmes équitables, fluides et prévisibles. Toutes ces conditions sont inexistantes aujourd’hui. 

4 – Visite du premier ministre Trudeau dans les pays locomotives du continent ou accueil de leurs dirigeants à Ottawa, individuellement ou regroupés, à l’occasion d’un sommet Canada-Afrique.

Ces pays locomotives sont l’Afrique du Sud et le Nigéria, la Côte d’Ivoire, qui compte pour près de 50% du PIB de l’Afrique de l’Ouest, le Cameroun, où sont domiciliées près de 60% des premières entreprises de l’Afrique centrale, le Kenya et l’Éthiopie, qui sont les forces économiques de l’Afrique de l’Est.

5 – Mise en place d’une coopération totalement renouvelée qui fait certes sa place à l’indispensable aide humanitaire, mais privilégie l’investissement en lieu et place des programmes sirupeux d’aide publique qui ne créent rien de durable. L’Afrique a urgemment besoin d’investissements pour doubler ses rendements agricoles, obtenir sa part de la production industrielle globale et tirer bénéfice de l’économie numérique. Elle n’a pas besoin du millième séminaire sur le développement, mais sur ce continent dont la population doublera dans l’avenir prévisible, elle a besoin d’énergie, de transport, de formation. Elle a besoin de partenariats productifs aux résultats mesurables et durables.

6 – Proposition de négociation d’accords commerciaux de libre-échange avec chacune des cinq communautés économiques régionales africaines et lancement de ces négociations avec les communautés intéressées.

– CANADA IS BACK – Pourquoi le premier ministre Trudeau n’irait-il pas le proclamer devant les chefs d’État et de Gouvernement réunis au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba et l’illustrer par une offre de partenariat susceptible de revivifier la relation Canada-Afrique?

 

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